Repères de marché
Budget par invité: les fourchettes indicatives
Ces fourchettes servent à prévoir, pas à commander : ce qu’un repas nombreux coûte indicativement, poste par poste, dans le Var.
Prévoir n’est pas commander
Cette page donne des fourchettes indicatives, construites pour répondre à la première question de toute réception : de quel ordre de grandeur parle-t-on ? Elles ne constituent ni un devis, ni un tarif, ni une comparaison de prestataires, et le carnet, qui ne vend rien, n’en tirera jamais une commande. Leur seul usage honnête : cadrer un budget de courses et de location avant d’éplucher le marché, puis se corriger après coup, comme le fait la rédaction à chaque tablée.
Les volumes qui servent de base à ces fourchettes viennent de la table des quantités par invité ; les prix unitaires observés au marché se lisent dans la lecture des étals varois. Multiplier l’un par l’autre donne les repères ci-dessous, valables indicativement pour l’année 2026.
La fourchette principale, repas complet
Pour un repas complet servi à l’assiette, entrée, plat mijoté ou rôti, fromage et dessert, préparé en cuisine domestique avec des produits de saison du Var, la fourchette indicative se situe entre quinze et vingt-cinq euros par adulte, boissons comprises. Cette fourchette intègre le pain, l’eau, le café et une marge d’imprévu de dix pour cent ; elle n’intègre ni la location de salle, ni le personnel rémunéré, ni la verrerie achetée neuve.
La même table en version buffet d’été, dominée par les légumes de saison et les préparations froides, descend indicativement entre dix et seize euros par adulte. À l’inverse, un repas d’hiver dominé par un mijoté de viande de boucherie monte sensiblement, car la viande de qualité pèse entre la moitié et les deux tiers du budget nourriture.
| Type de repas | Fourchette par adulte | Poste qui décide |
|---|---|---|
| Buffet d’été froid | Dix à seize euros | Légumes de saison, fruits |
| Repas complet à l’assiette | Quinze à vingt-cinq euros | Viande ou poisson du plat |
| Repas d’hiver mijoté | Dix-huit à vingt-huit euros | Viande de boucherie |
| Apéritif dînatoire trois heures | Douze à vingt euros | Pièces composées, boissons |
Ces fourchettes supposent des achats au marché et en circuit direct, sans intermédiaire, et une cuisine assurée par les organisateurs et leurs amis. Le passage à un prestataire rémunéré change de monde : il ne se compare pas ici, car il ne s’agit plus de courses mais d’un service, hors du champ du carnet.
Ce qui fait varier la facture
Trois leviers déplacent réellement la fourchette, et trois faux leviers qui n’y font rien. Premier vrai levier, la viande : choisir un mijoté plutôt qu’un rôti, ou une viande de deuxième catégorie mijotée longtemps, déplace plus d’euros que toute l’entrée. Deuxième levier, la saison : un menu d’été de légumes coûte la moitié d’un menu de décembre à produits d’importation, ce que confirme le calendrier varois. Troisième levier, l’effectif rond : les achats se font en caisses, et un compte de cent convives achète en caisse juste, quand un compte de cent dix achète une caisse de plus pour dix assiettes.
Faux leviers, à l’inverse : la décoration consommable, qui coûte peu quand elle vient du jardin ; le menu imprimé, qui s’imprime chez soi ; et la qualité du pain, qui reste le meilleur euro dépensé du repas. Les fourchettes de location du matériel complètent le budget quand l’équipement manque.
Le bilan qui corrige la fourchette
Une fourchette se vérifie comme une recette : après coup. Le carnet garde les tickets du marché dans une enveloppe au nom de la tablée, et le lendemain, une demi-heure de calcul replace chaque poste dans la fourchette. Ce bilan écrit, très court, répond à trois questions : quel poste a dépassé, quel poste n’a pas été mangé, et combien a réellement coûté le convive. La réponse alimente la fourchette de la prochaine tablée, qui gagne en précision à chaque réception.
Cette boucle simple transforme des repères indicatifs en repères personnels, et c’est exactement le but : les fourchettes du carnet donnent le départ, le bilan de la tablée donne la correction, et la méthode de la rédaction applique la même discipline à ses propres pages.
Erreurs courantes
La première erreur consiste à comparer ces fourchettes à un devis de traiteur : deux mondes, deux natures de dépenses, aucune comparaison honnête. La deuxième consiste à oublier les postes invisibles, sacs, essuie-tout, filtre de café, épices déjà en stock : le carnet les estime à un à deux euros par convive, indicativement, et ils se rappellent toujours au bilan.
La troisième erreur est d’ordre fiscal et moral : ces fourchettes décrivent une réception privée et bénévole. Dès qu’une somme change de mains pour un service, on quitte le champ du carnet, comme le rappelle la politique éditoriale. Le chiffrage du matériel des tables et de la vaisselle se lit dans les articles de la rubrique matériel.
- Fourchettes lues comme des ordres de grandeur, jamais comme des devis.
- Budget de base multiplié depuis la table des quantités par invité.
- Saison et choix de viande identifiés comme les deux vrais leviers.
- Postes invisibles estimés et inscrits au budget.
- Bilan réel noté après la tablée pour corriger la fourchette.